« Water » d’Hélène Grimaud

« Water » d’Hélène Grimaud

À toi le musicien rigoureux, l’ami « zicos », l’ami passionné, l’amis concertiste, guitariste de plage, pianiste du dimanche, hipster musicalement fané ou clubber peu importe, pourvu qu’il y ait de la musique, cela te concerne. Pour tous les autres, et bien ça vous concerne encore plus !

Voilà donc un album tout neuf, je vous parle d’Hélène Grimaud. Pour ceux qui ne savent pas encore qui est cet androïde mystique aux allures de sirène, et bien, imaginez une sirène mystique aux allures d’androïde ! La célèbre pianiste française nous propose une nouvelle aventure musicale et sensorielle, ça s’appelle « WATER » et ça sort tout naturellement sur le célèbre Label berlinois « Deutsch Grammophon » (soyez indulgents pour l’accent j’ai pris espagnol au lycée).

« Water » donc, c’est le nom de l’album ! Vous l’aurez compris, le thème c’est l’eau. Mille jolies choses ont été dites sur l’eau : « l’élément qui donne la vie » ; « la source de l’existence, genèse poétique de notre histoire et blablabla et blablabla… »

Bon c’est vrai oui, l’eau c’est comme un début, c’est une mère, une motrice, une force créatrice. J’avais d’abord pensé à trouver une superbe citation sur l’eau en me disant que ça ferait bien dans cette chronique et puis j’ai pensé tout de suite au célèbre adage « il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain » alors je suis resté traumatisé quelques secondes par cette pensée… et je me suis dit que je ne dirai finalement pas de citation sur l’eau.

Pour être tout à fait franc, j’en ai entendu une belle de citation sur l’eau, lorsque je me suis rendu à la Fondation Vuitton pour l’avant première de l’album – et oui j’ai quand même un peu planché sur le sujet – mais en réalité je dois dire que j’ai oublié cette citation. Il y avait sur la scène de l’auditorium ce représentant de chez « Deutsch Grammophon » qui nous a fait un joli discours avant le concert et il a cité tenez vous bien : Léonard de Vinci – rien que ça- qui disait à propos de l’eau… Et bien donc je ne sais plus ce qu’il disait parce qu’à la droite du monsieur en costard il y avait Hélène, et Hélène occupait toute mon attention – je vous promets que vous aurez subit le même sort tant l’animal était captivant.

Peu importe ce qu’on pourra dire sur l’eau, c’est encore la musique qui en parle le mieux ici. On a donc un corpus de compositeurs en cascade – Fauré, Ravel, Debussy etc. – qui s’écoulent sous les doigts de la pianiste et ce soir là lors de l’avant première je n’en ai pas raté une goutte ! (Le jeu de mot c’est gratos !)

Voyez le tableau : Les lumières tamisées, une scène, un piano, et deux curieux aquariums à méduses dont les tribulations aquatiques dans leur 0,1 mètre carré sont projetées sur un écran géant qui domine la scène. L’ambiance est posée, le thème est là, Hélène s’installe au piano et le silence gagne la salle. On n’attend plus que le top départ ! Sera-ce un « Do », un « MI » ou peut être un « FA » qui sait ? Quel suspens c’est insupportable hein ! Bon…

Plus sérieusement, le concert fini je reste quelques secondes sur mon siège pour encaisser la chose, puis je file un peu étourdi, non pardon, très très étourdi – et sans alcool je précise – et je rentre à pied chez moi, dans l’air très saint du bois de Boulogne le soir ! Bref ! ce trajet, je n’en ai aucun souvenir.

Je ne suis pas musicologue, je n’ai pas reçu le premier prix du conservatoire de Paris ni dirigé le Philharmonique de Berlin, mais je crois comprendre que dans toute chose vécue de l’intérieur il existe une poésie qui nourrit l’existence. Quand je voyais Hélène au piano, une fantaisie l’habitait, un songe, une chimère personnelle un truc spécial quoi, et j’entendais depuis le deuxième rang sa respiration, une sorte de ventilation aléatoire et sublime qui titubait sur les notes et s’invitait au spectacle comme un instrument à part entière. Oui je crois bien que c’est ce qui m’a marqué le plus, cette respiration très impressionnante et connectée précieusement aux harmonies pianistiques : un duo de délice ! Un duo de délice !

Je ne peux pas vous en dire davantage sur cet objet superbe mais sachez tout de même que pour réaliser ce projet Hélène Grimaud s’est associée au compositeur anglais Nitin Sawhney qui produit l’album au passage et qui s’invite entre deux coups de clavier avec des fractions de musique électronique modulaire superbement travaillées. Une vraie prouesse de design sonore qui achève de faire de ce projet un incontournable de ce début d’année !

« WATER » sort le 29 Janvier.

À tous les néophytes, spécialistes, amateurs de sensations nouvelles et tous les autres je dis : « soyez curieux, vous deviendrez moins fades et vous serez plus fous, fous d’exister à travers les éclats de l’art qui colorie la vie et la rend plus torride. »

Merci.

Paul de Boisbrunet. Chronique du 28 Janvier 2016. « Water », Hélène Grimaud.

Water Hélène Grimaud

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