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Butler, à votre service

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Butler, à votre service

Policy Will ButlerConnaissez-vous Will Butler? La réponse est oui. Membre du groupe Arcade Fire, il se lance ce mois de mars (sortie de l’album le 16 en France) en solo avec Policy. Et manifestement, il s’amuse bien.

Tout d’abord, remettons les pendules à l’heure. Même si Win Butler et Régine Chassagne sont les deux figures de proue d’Arcade Fire, ce groupe consiste en une demi douzaine de personnes dont notre cher Will. C’est lui que l’on peut voir bondir partout sur scène tel un zébulon à ressort. C’est également lui qui se cache derrière la partie électronique et les synthés du groupe.

Pourtant, Policy n’est pas un album d’électro expérimentale alternative dingo rock. Avec une formation de base assez classique (guitares, batterie, voix) enrichie de cuivres et de synthés, Will Butler nous sert sur un plateau un album qui parle vraisemblablement de lui, de ses influences, de ses amours musicales de jeunesse. Un bon fond de rock saupoudré d’un brin de folk et de ska et recouvert d’une sauce new wave légère, voilà la recette de la réussite musicale qu’est Policy. On ne va pas non plus se cacher que c’est toujours un délice d’entendre quelqu’un qui s’amuse et qui fait juste ce qu’il veut. Parce que c’est le cas qui se présente à nous : Will Butler n’avait pas besoin de faire cet album, c’est un album qui sort tout droit de son cœur et qui existe parce qu’il aime ce qu’il fait. Pour rester dans la métaphore culinaire, on pourrait aussi dire qu’écouter Will Butler c’est comme déjeuner dans un restaurant japonais à volonté : il y en a pour tous les goûts. Chaque morceau est bien différent, avec son propre style et sûrement sa propre histoire.

Plongeons un peu plus profondément dans ce premier opus fort réussi. Si on doit y voir un morceau incontournable, ce sera sûrement « Anna ». Il commence tout en simplicité : deux synthés, batterie, voix. Pourtant, plus on avance dans ces deux minutes cinquante deux secondes plus on a l’impression d’être happé dedans. Un peu comme dans une fugue baroque, l’accumulation toute en délicatesse de nouveaux éléments sonores permet de plonger un peu plus profondément dans le morceau à chaque seconde. Et pourtant, il n’y a jamais « trop » de choses, on reste dans le tout à fait audible et dans le très aéré. Un autre petit bijou : « Witness ». Sous des apparences de morceau « pop », digne de l’été et de la plage se cache un trésor musical. L’harmonie des voix sur le pont peut rappeler Sufjan Stevens dans toute sa splendeur et la voix de Will Butler même, volontairement éraillée et sèche se marie très bien avec les chœurs. Encore une fois, on peut noter une réelle évolution timbrique entre le début et la fin du morceau, et ce toujours de manière très fine.

Vous l’aurez compris, Policy est un album à goûter au moins une fois dans sa vie. Alors à table, et bon appétit bien sûr.

Pauline Grousset

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